30 janvier 2007
Pars vite et reviens tard - cinéma et littérature
Attention fan en furie !!!
Avez-vous lu le livre de Fred
Vargas ? Attention c’est une question qui compte quand on veut aller voir
le film qui s’inspire de son roman ! Parce que non ce n’est pas qu’une
adaptation cinématographique de plus, et non ce n’est pas un polar
classique ! Fred Vargas ce n’est pas du polar de base avec un meurtre, un
coupable et un enquêteur sympa ! Non, Fred Vargas c’est de la littérature
et de la bonne ! Avec son style très personnel et très poétique, Fred
Vargas fait tout un art du polar (moi aussi je poétise ! Bon d'accord c'est juste 1 pauvre rime...). Pour aimer ses
livres il faut avoir la tête en l’air et l’esprit ouvert car même si les
enquêtes sont souvent noires et bien ficelées, ce n’est pas les analyses
scientifiques qui vont mener l’enquête mais des personnages haut en couleur,
tous un peu tordus mais terriblement attachants et qui dirigent leurs enquêtes
grâce à des intuitions récoltées le long de la Seine, des fantômes, des petits
détails perdus de tous…
Alors faire une adaptation au
cinéma ? Coton ! Parce que son style est dans l’art de magner les
mots pour en faire des descriptions, des ambiances, des personnages si
spéciaux… et qu’un mot n’est pas forcément « convertible » en image.
Parce que son personnage principal, le commissaire Adamsberg est une figure
inclassable qui ne peut relever que de l’imaginaire (ça doit être pour cela
qu’il me plaît tant !). C’est un « pelleteux de nuage » !
Comment voulez-vous montrer ça à l’écran ? Comment montrer un être fait
d’imaginaire, de songes et d’intuitions ?
Pour moi, le film de Régis
Wargnier n’a pas vraiment réussi l’exploit. C’est vrai qu’en grande fan de
l’auteur, j’y croyais peu mais j’y allais l’esprit ouvert. Et au final le film
est sympa à voir mais pas comme adaptation du roman. Non, car au-delà du
scénario brillant de Mme Vargas et de ses personnages secondaires si uniques
(par exemple le crieur de rue), on ne retrouve pas et même on ne reconnaît pas
nos personnages favoris comme Adamsberg. José Garcia n’est pas mal comme acteur
mais il n’est pas Adamsberg. Malgré un travail sur les silences et la lenteur,
notre commissaire vaporeux ne s’incarne pas, comme son fidèle adjoint Danglard
d’ailleurs. Plus généralement, l’image n’a pas réussi à donner une réalité aux
personnages récurrents de Vargas, à l’ambiance des enquêtes. Au contraire. Ils
n’ont réussi qu’à créer de pâles copies, un ersatz du roman.
Dommage me direz-vous ? Je
ne sais pas. Il est bien que, parfois, dans cette société de l’image, les mots
conservent leurs secrets et leurs pouvoirs.
29 janvier 2007
petite citation de la semaine
Dernièrement je me suis intéressée aux citations, celles d'hommes sages ou de chanteurs à la mode, pour un projet déco. J'en ai trouvé quelques-unes bien sympathiques que j'aimerais partager avec vous.
Qu'elles vous "parlent" ou non, ça vous donnera au moins l'occasion de sortir de votre quotidien quelques instants!
J'essaierai donc de tenir ce rendez-vous chaque semaine, le lundi, pour que la semaine commence avec sagesse... ou pas...
Pour cette première fois, une phrase TRES forte même si elle n'a l'air de rien...
Ça doit être chiant, très chiant d'être une mouette
HA HA! ça vous la coupe, non?
Et en bonus la source de cette pensée pleine de sagesse...
25 janvier 2007
Blog : le choix du nom
Quand j’ai décidé de créer un
blog, j’ai eu envie de lui trouver un nom emblématique de ce que je voulais y
dire. Le problème est que ça aussi c’était assez confus. Comme je voulais
parler de tout et rien, il me fallait quelque chose de généraliste mais qui
devait me ressembler. Il me fallait donc trouver un nom qui me corresponde sans
être trop obscur ni trop banal et qui puisse inciter d’autres internautes à me
lire. Bref c’était ardu.
Cette recherche m’a pas mal questionné sur l’image que
j’allais donner de moi dans ces pages virtuelles. Était-ce moi, une partie de
moi ? ou même une autre moi ? Ça devient complexe ! Mais c’est
vrai qu’avoir une vitrine sur le monde, une estrade vers des millions d’yeux
est assez complexe. Pourquoi, après tout, écrire un blog et raconter aux gens
(si par hasard certains viennent à me lire ?!) ce qui me passe par la
tête, ce que j’aime ou non ? Désir de reconnaissance mégalomaniaque ou
simple envie de partager ? Je pense que les psychologues vont devoir se
pencher sur le sujet si ce n’est déjà fait !
Pour mon cas, le but est avant
tout d’écrire et de mettre en mots ce qui me passe par la tête, d’exercer mon
style pour écrire mon fameux best-seller (voir : mes résolutions)… Mais il
s’agit aussi de partager avec d’autres mes goûts, mes petites histoires, mes
bons et mauvais côtés. Quoique, c’est vrai que le concept d’échange semble en
ce moment bien vague quand je suis seule devant mon ordinateur…
Mais revenons à nos moutons et à
ce fameux nom. Parmi un tas de propositions pourquoi eMaG in AiR ?
D’abord parce qu’un jeu de mot
avec mon prénom me plaisait bien (et vous l’aurez deviné, je m’appelle Magali).
Et même si ce n’est pas moi qui l’ai trouvé - et si il est, d’un point de vue
orthographique, totalement improbable ! - il regroupe deux envies :
d’un côté l’envie d’être, virtuellement, « dans l’air », de parler de
tout et de rien, de parler de ce qui me concerne ; et d’un autre côté cela
représente assez bien mon côté « tête en l’air », cette partie de moi
qui a toujours le nez en l’air en train d’observer, de s’inventer des histoires,
d’imaginer, de se poser des questions sur tout et rien.
C’est sur que d’un autre côté
personne n’ira taper « emaginair » dans Google mais on ne peut pas
réussir sur tous les tableaux !
Voilà donc quelques explications sur le pourquoi de mon blog et de son nom. En espérant que ça éclaire ceux qui me connaissent dans la vraie vie et qui ne comprendraient pas ce choix et ceux qui se diraient « Mais c’est quoi ce nom ?! ».
Pour finir, merci à tous ceux qui
ont participé en pensée ou par leurs propositions à la naissance de ce blog et
au choix de son nom. Un merci tout particulier à Tim qui a trouvé ce nom.
24 janvier 2007
machine à pain : ma première fois
Voilà récemment arrivée dans ma cuisine un nouvel appareil :
la machine à pain.
Mmm… l’odeur du pain tout chaud… Ça fait rêver ! et
quel plaisir de faire les choses soi-même ! Allez, bientôt je vais faire
des confitures ! Bon je m’emballe un peu en parfaite femme d’intérieur
mais c’est quand même très agréable de pouvoir préparer un pain un peu original
et fait par ses petites mains ! Certains riront peut-être car, c’est vrai,
on ne fait que mettre les ingrédients dans l’appareil… mais bon tout de même il
faut peser, dissoudre, mélanger, mettre tout dans le bon ordre, vérifier que le
« pâton », c’est-à-dire la pâte, est assez souple mais pas trop
molle… Du boulot et du stress pour la 1ère fois, je vous le
dis !
Avec mon homme nous avions choisi un pain à la pomme de
terre et à l’ail pour notre première. Recette que vous pouvez trouver dans le
livre Marabout Chef spécial machine à pain (6.95€).
Voici quelques photos pour vous montrer le résultat :
Côté technique, nous avons tout mélanger un peu brutalement
mais je conseille plutôt de mélanger les liquides d’abord et de rajouter les
solides ensuite, afin que le pétrissage s’opère mieux.
Si vous utilisez de la levure et non du levain, il faut la
réactiver en la faisant fondre dans l’eau. Mais attention car il ne faut pas
dépasser 40° environ sinon ça « casse » la levure et, pouf, votre
pain devient une brique. Ça m’est arrivé, je sais de quoi je parle !
Pour les correspondances entre levures et levain, voici
quelques équivalences :
2 cc de levain = ½ cc de levure
instantanée = 17g de levure fraîche
2.5 cc de levain = 1 cc de levure
instantané = 22g de levure fraîche
3.5 cc de levain = 1.5 cc de levure
instantané = 30g de levure fraîche
Conclusion, faire son pain (et le
réussir !) c’est une expérience assez comique. On se croirait revenu aux
temps où on jouait au petit chimiste : on mesure scrupuleusement les
ingrédients, on fait les mélanges avec mille précautions, on passe des heures à
regarder par le hublot de la machine pour voir si la préparation ne va pas
exploser...
C’est aussi une expérience
gustative assez enrichissante car j’ai découvert de nouveaux pains, de nouveaux
goûts et surtout des farines que je n’aurais jamais utilisées autrement.
Farines que l’on peut trouver dans les magasins bio que je ne connaissais pas
non plus. Bref un nouvel univers s’ouvre à moi !
Ça donnerait presque envie d’en
faire tous les jours mais malheureusement l’expérience n’est pas économique car
la farine part vite ; le plus court programme durant 2h (sur ma machine en
tout cas) et le plus courant 3h20, l’électricité n’est pas épargné non plus…
Bref je crois que je vais devenir
une accro du pain perso le week-end. Et j’espère avoir plein d’invités pour les
faire goûter !
Depuis j’en ai fait plusieurs autres, tirés du même
livre : pain au miel et au beurre salé, pain blanc (un classique), pain à
la banane et au gingembre qui était particulièrement savoureux avec du
nutella !
Quelques sites de recettes et de
conseils :
http://machine-a-pain.fr/
http://www.feminin.ch/cuisine/bread/pain_machine.htm
: quelques outils pratiques pour convertir les poids
www.machine-a-pain.com/
22 janvier 2007
Allo la Terre...
"Le 1er février 2007, dans toute la
France : Participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le
Changement Climatique !
L'Alliance pour la Planète (groupement national
d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les
citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles
et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00. Il ne s'agit pas
d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer
l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage
d'énergie et l'urgence de passer à l'action !
5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend
pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la
Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le
débat politique.
Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau
rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura
lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les
projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale.
Si nous y participons tous, cette action aura un
réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection
présidentielle ! Faites circuler au maximum cet appel autour de
vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site
Internet et dans vos newsletters.
Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la
Terre : 01 48 51 18 95."
Ce message circule depuis une semaine au moins dans nos boîtes mail. Je m'y colle moi aussi pour diffuser l'info. En espérant que cela puisse servir à notre petite planète bleue...
11 janvier 2007
Ballet Preljocaj - Danse
Empty Moves (part I), pièce pour
4 danseurs
Noces, pièce pour 10 danseurs
Je ne vais pas souvent voir de la danse mais j’aime ça et il y a quelques noms à ne pas rater quand ils passent près de chez vous. Angelin Preljocaj est un de ces chorégraphes de renom, alors forcément j’ai sauté sur l’occasion puisqu’il passait à Caen.
J’ai donc assisté hier à deux de ses créations. La première était récente et la seconde datait de 16 ans.
Empty moves (part I) est une pièce contemporaine s’il en est. Pas de grand air de musique, non au contraire. La bande son était en fait un enregistrement d’un poème de John Cage présenté à Milan en 1977. Mais attention pas un poème classique-lalala ! non John Cage travaillait sur les sons et donc on entend plutôt (c’était en anglais, ça j’ai quand même reconnu) : Iiiiiiii knnnnoooooow yyy-ouuuu… avec en fond le public qui s’agite, insulte le poète, l’applaudit… enfin bref le bazar ! Quelle musique comme base pour une chorégraphie, vous direz-vous ! et bien non, finalement c’était très fort. Le chorégraphe a voulu lui aussi sortir des règles de la chorégraphie, de la représentation. Il ne raconte rien, il s’appuie juste sur les mouvements, comme Cage sur les sons. Ses danseurs, solitaires, en couple ou à 4, esquissent un ballet de mouvements qui sont époustouflants de qualité, de force, de grâce. C’est tout simplement beau sans avoir besoin de comprendre pourquoi… Personnellement ce que j’ai aimé c’est leur maîtrise du corps et de ses mouvements, c’est si beau ! Je ne sais pas pourquoi mais je trouve toujours ça très émouvant de voir des danseurs en parfaite harmonie. C’est net, doux, harmonieux. Magique !
C’était le cas aussi pour la seconde pièce, Noces. Retour au narratif pour le coup. Nous sommes dans les Balkans (le chorégraphe est albanais) à une fête de mariage. 5 couples s’enlacent, s’entrelacent, se dénouent et se mélangent. Une image du couple, de ses peurs, de ses fragilités. Une certaine image du mariage aussi, comme un sacrifice… C’est d’une qualité exemplaire encore une fois et ça vous prend à la gorge quand la musique (Noces de Stravinsky) retentit. L’image et le son se mêlent parfaitement pour dérouler cette cérémonie d’angoisse et quand les 10 danseurs forment un seul corps, c’est totalement bouleversant… au point d’en pleurer… et de crier bravo à la fin du spectacle, ce qui ne m’arrive pas souvent.
Bon c’est peut-être pas très
clair… Faut dire que c’est pas facile à « raconter », la danse.
De toute façon je me rassure, il
y a pire : http://www.axelibre.org/scenes/angelin_preljocaj-empty_moves.php
Pour voir quelques photos et un extrait de Noces (tout en bas de la page, sous les photos) :
http://www.preljocaj.org/repertoire-3-1-3-fr.html#
05 janvier 2007
résolutions : c'est le moment!
Allez, c'est parti! je me prête à cet exercice classique de ce début d'année : les résolutions!
Les mauvaises comptent aussi, après tout on les respecte plus facilement...
- entretenir ce blog régulièrement
- écrire un best seller (pour qu'il sorte en librairie en 2008 maximum!!)
- ne pas devenir maniaque (ou en tout cas pas plus que maintenant!) Il faut savoir que les cols mal mis m'angoissent...
- rester cool et de bonne humeur le plus longtemps possible, et ne pas trop crier sur mon chéri (en même temps ce sera toujours trop pour lui)
- continuer à manger du chocolat car c'est essentiel
- maigrir un peu malgré le chocolat (même si ça fait cliché, il existe tout de même des moments où c'est nécessaire...)
- rester curieuse et légérement comère
- rester franche même si ça ne plait pas forcément
à vous!
Illusions comiques d'Olivier Py - Théâtre
Avec Olivier Py, Olivier Balazuc, Michel Fau, Philippe Girard, Elizabeth Mazev, Clovis Fouin...
En général, j'adore les spectacles qui parlent du théâtre. Celui-là ne fait pas exception. Moi qui n'avais jamais vu de spectacles de Olivier Py, j'avais hâte de découvrir ce personnage dont on parle beaucoup, ce « jeune » artiste déjà célébré par tous.
La pièce est une véritable ode au théâtre et à ses acteurs. Elle met en scène un poète et des acteurs jouant leur propre rôle, en train de répéter une fois de plus la même pièce en se rappelant les bons souvenirs de tournée, les petits hôtels minable, la recherche d'un restaurant à 21h30 dans une petite ville de province... A côté de ces détails au rabais de la vie des comédiens, nous assistons à de grandes envolées lyriques, à des leçons de théâtre sur le vaudeville, le drame..., bref à l'éloge du théâtre. L'art est parcouru, décrit, décrypté sous toutes ses coutures – ou presque. De la pratique de l'art aux spectateurs... Tout est touchant, juste et on assiste à de grandes performances d'acteur, notamment Michel Fau qui est absolument parfait en bourgeoise !
Le poète et metteur en scène se moque aussi et surtout de lui, de sa mégalomanie devant l'éloge, de sa soif de gloire. Ces fausses croyances vont le mener jusqu'en haut, au pouvoir suprême mais il va tout aussi vite chuter et se trouver plus bas que terre, plus ridicule que jamais (au point d'endosser le costume d'un lapin bleu !) Son alter ego, le poète mort trop tôt, ne cesse de nous répéter que les tournées minables en province, les petites rôles suffisent. Le bonheur du théâtre et du comédien est là. Le théâtre doit rester du théâtre et non sauver le monde. Une fois qu'il devient règle et loi, il n'apporte plus ce qu'on lui demandait.
Il est dur de résumer ou d'expliquer cette pièce tellement elle contient de moments clés mais il est sûr qu'elle magnifie le théâtre et ses acteurs. Les 100 définitions finales et la démonstration du vaudeville, du drame et de la tragédie nous montrent aussi que l'art est comme l'homme, multiple. Chaque aspect de l'art porte une parole particulière.
Ces 100 définitions du théâtre semblent vouloir répondre à cette question que tout le monde se pose : à quoi sert le théâtre ? Partagé entre des envies de changer le monde et son réalisme, l'auteur remet le théâtre à sa place : un divertissement qui nous aide à mieux vivre notre humanité dans sa diversité
04 janvier 2007
La Chambre d'Isabella de Jan Lawers - Théâtre
Jubilatoire est le premier mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de ce spectacle. On ne sait pas trop d’où ça vient et à quoi ça tient mais c’est tout à fait cela que l’on ressent, une espèce de joie de vivre, d’espoir, d’amour de la vie…
Je crois que la construction
entière de l’œuvre participe à ce sentiment. L’histoire d’abord et le
personnage principal : Isabella. Jouée par une actrice profondément
humaine, Viviane De Muynck, Isabella nous raconte sa vie alors qu’elle a 94
ans. On voit défiler le 20e siècle, ses amours qui furent nombreux, et les morts, aussi nombreux. Le mensonge les a emportés.
Leur propre mensonge, ou celui du monde.
Le principal de ces mensonges, sur
lequel est bâti l’histoire, c’est la naissance d’Isabella. Pensant être la
fille d’un prince du désert disparu dans une expédition, elle va passer sa vie
à rêver de l’Afrique et de ce père au milieu d’une collection d’objets
africains plus exotiques les uns que les autres. Présents sur le plateau, ces
objets donnent une esthétique très particulière au spectacle. Quand Isabella
découvrira le terrible secret de sa filiation, elle n’aura cependant aucune
rancœur, aucune tristesse. Comme lors de la mort de son petit-fils, devenu son
amant, ou lors du suicide de ses parents.
Car Isabella a compris que la tristesse ne sert à rien et qu’il faut de toute façon continuer à vivre. Sa soif de vivre est insatiable. L’angoisse est une perte de temps comme elle le dit à la fin de la pièce. Vivre malgré tout, malgré les mensonges, les trahisons, les morts… Le mensonge qui a construit sa vie lui permet après tout de garder de belles histoires dans sa tête, son prince du désert sera toujours là pour elle alors que les autres sont morts.
Cette soif, cet appétit de vivre est aussi magnifié par une troupe de comédiens-danseurs qui accompagnent Isabella dans son récit. On sent une véritable communion sur le plateau car tous servent le même but dans un esprit festif. J’ai beaucoup apprécié certains moments de danse où le corps exultait, montrait la force de la vie. Les chansons qu’ils reprennent en cœur donnent aussi cette impression ; ce mélange de voix émeut terriblement car il est un rituel profondément humain.
Bref, c'est un peu dur à expliquer mais ce mélange de danse, musique, texte, scénographie nous donne vraiment une leçon de vie.
Je l'ai vu en novembre 2006 mais il est surement encore possible de le voir ailleurs... Je vous le conseille à 200%, vous en sortirez en pleine forme!


