eMaG in AiR

De l'inutile à l'indispensable...

30 mars 2007

Mot pour Mot - Madré

Voilà un de ces mots qui m’est tout à fait inconnu ou qui s’est perdu dans les impasses et arrières cours de ma cervelle.
Mais comme je l’ai croisé dans un livre il y a quelques jours, cette fois-ci je ne l’ai pas laissé s’échapper et je vous le sers au goûter…

Madré, adj. et nom

Sens :

- 
Propre Adj : se dit de certains bois aux fibres irrégulièrement enchevêtrées, utilisées en ébénisterie.
- 
Figuré  Adj et nom : inventif et retors, sous des allures bonhommes
Origine : Vient du l’ancien français masdre = bois veiné
Synonymes : malin, rusé, finaud…

Au passage, retors au sens figuré, signifie « qui manifeste une ruse, une finesse tortueuse ».
J’étais plus très sûre du sens exact
, alors je préfère vous le dire
Le sens premier est sympa aussi : « qui a été tordue plusieurs fois ».

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26 mars 2007

petite citation de la semaine

Invitation à profiter du printemps en ce lundi qui est (chez moi en tout cas) très ensoleillé…

Il y a tant de choses à vivre,
Il y a tant de choses à faire,
Aller venir, parcourir,
Prendre chaque route à l’envers...

 Debout sur le Zinc – Le bleu du miroir

A se répéter chaque vendredi soir pour préparer son week-end ! ou quand l’ennuie nous envahit… Restons curieux !

La chanson dont est tirée cette phrase est beaucoup moins gaie mais je vous la mets quand même car j’aime bien ce groupe…

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23 mars 2007

Mot pour Mot - Pétulant

Encore une nouvelle rubrique dans mon fourre-tout !
A celle du lundi s'ajoute maintenant celle-ci, Mot pour mot, que je consacre au vendredi. Cette rubrique aurait aussi pu se nommer vocabulaire et néologismes. Et oui ! à l’heure où l’Education Nationale se penche sur le problème du vocabulaire à l’école, j’ai décidé de contribuer moi aussi à l’enrichissement de notre vocabulaire ou, disons, à la lutte contre l’oubli du sens des mots…
Voilà c’est dit. Ca fait un peu pompeux mais c’est, je vous rassure, très modestement que je vais essayer de nous (vous et moi, ça fait nous) faire découvrir de nouveaux mots, des mots oubliés, peu courants et surtout des mots qu’on emploie sans en savoir exactement le sens. Ca c’est fréquent pour tout le monde ! Que celui qui n’a jamais été pris en faute dans une conversation lève la main ! Personne ne se manifeste ?! C’est bien ce que je pensais… La piqûre de rappel semble nécessaire ! Les lecteurs fainéants qui renoncent à sortir du fond de leur lit pour ouvrir un dictionnaire et éclaircir le sens d’un mot pourront donc me remercier… ;)
Si je le peux, je joindrai à la définition classique un peu d’étymologie (l’histoire des mots pour faire simple), quelques synonymes… Bref de quoi tenir des conversations brillantes et rédiger ses dossiers avec un peu plus de 600 mots en mémoire !
Et comme je suis aussi une incroyable créatrice de néologismes, je vous en ferai profiter de temps en temps, des meilleurs spécimens en tout cas. Petits chanceux !

Le mot du jour :

            Pétulant, adj.
            Sens : Vif, impétueux.
            Origine : Vient du latin petulans = querelleur
            (autres) Synonymes : emporté, agité, excité, fougueux, turbulent…
            Remarque : le nom commun existe aussi   >> la pétulance = ardeur exubérante

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22 mars 2007

Pensée de soir de spectacle

A tous les enrhumés chroniques ou aux spectateurs parfaitement indifférents...

C’est étrange comme à chaque début de spectacle, à chaque silence, l’orchestre des toux se met en place. En été ou en hiver, ça ne manque jamais ! Mardi soir, un spectacle de danse avec de longs moments de silence. Et ça y allait ! On aurait dit un ensemble symphonique avec ses mouvements, ses groupes de voix… Quand ça s’interrompait au balcon, ça reprenait à l’orchestre… Tout était parfaitement enchaîné, sans gêne. Et ça a duré…, au point que j’attendais le prochain comme on attend le prochain tic-tac de l’horloge… L’homme a peur du silence je crois, il ne peut s’empêcher de le briser. Et pourtant quel plaisir d’entendre le souffle d’une danseuse, le bruit mat des pieds qui retombent sur le sol après un saut… La communion qui née entre les acteurs/danseurs et le public est d’autant plus intense qu’ils partagent des moments comme ceux-là, des moments d’écoute, d’émotion, de respect, d’admiration… Alors pourquoi briser ces moments magiques ???

C’est sûr que certains peuvent en être gênés mais n’oubliez pas : c’est du spectacle VIVANT que vous allez voir alors ne vous attendez pas à en ressortir indemnes. Alors pitié arrêtez ces toux intempestives ! Retenez-vous ! Amenez vos bouteilles d’eau ! Prenez des pastilles pour la gorge ! Attendez au moins le moment propice où la musique reprendra ! Et ne croyez pas que les êtres humains sur le plateau en face de vous ne vous entendent pas ! Leur jeu réagit aux réactions du public, tous leurs sens en éveil pour capter l’humeur de la salle. Essayons donc de les respecter pour l’exercice périlleux qu’ils pratiquent devant nous. 

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21 mars 2007

Dissident, il va sans dire - Théâtre

De Michel Vinaver
Mise en scène de Laurent Hatat

Avec Catherine Baugué et Denis Eyriey

Au Théâtre de la Commune à Aubervilliers jusqu’au 1er avril
Métro : ligne 7 dir. Courneuve. Arrêt Pantin Quatre chemins + 5 mn de marche
Le Théâtre met à la disposition des spectateurs une navette pour les ramener au métro à la fin du spectacle.

Michel Vinaver a écrit cette pièce il y a 30 ans mais l’histoire, tout à fait actuelle, relate très poétiquement « l’impact de notre société sur un foyer ordinaire ». « La discrète trace du temps passé fait résonner le peu d’avancée sur les problèmes de la réalité qui trament le récit : le travail, l’argent, le délaissement. » (Laurent Hatat et Laurent Caillon)

Sur scène deux personnes, une mère et son fils de 17 ans. Ils vivent ensemble comme de nombreuses familles actuelles, c’est-à-dire monoparentales. Le père est parti. Le couple qu’il a laissé est à la fois déchiré et profondément uni. Les phrases courtes, elliptiques de Michel Vinaver s’entrecroisent pour restituer leurs conversations, discussions sourdes de ceux qui cohabitent depuis longtemps. Leurs non-dits, la banalité de leur mots nous laissent entrevoir leur intimité mais aussi leurs luttes.
La mise en scène met en valeur ces douze rencontres, douze joutes où se confrontent leurs angoisses, leurs attentes, leur lassitude. La scène est en quelque sorte un ring : ils entrent chacun par un côté, se regardent avant chaque nouveau round. Lui incarne le mal-être de l’adolescent en révolte contre les parents, la société, les règles… Il laisse filer sa vie selon sa mère, désespérée de le voir se gâcher ainsi. Lui veut vivre le roman qu’il a dans la tête, ne pas se contenter de l’écrire. Il est indifférent à la réalité. Elle n’aspire qu’à le voir prendre en main sa vie.

Extrait :
Hélène. Sérieusement Philippe on peut manquer de tout mais si on s’est fixé un but
Philippe. J’ai un but mais il est inaccessible
Hélène. Je voudrais
Philippe. Comme ça je suis sûr de toujours l’avoir
Hélène. Et de n’arriver à rien ?
Philippe. Moi je voudrais deux choses que tu ne sois plus seule maman
Hélène. Avec toi je ne suis pas seule
Philippe. Que tu te trouves un chouette mec et que tu me laisses
Hélène. Quoi ?
Philippe. Tu sais bien
Hélène. Je te pèse ?
Philippe. Ce n’est pas ça
Hélène. Il y a longtemps que je n’essaie plus de t’influencer
Philippe. Que tu me laisses être
Hélène. Si seulement tu te donnais un peu de peine le travail ne court pas les rues raison de plus ça m’est pénible de te voir qui ne cherches que du bout des doigts au lieu de prendre ça à bras le corps à ta place
Philippe. Tu n’es pas à ma place

Cependant le ring est aussi le lieu de leurs retrouvailles, de leur proximité. Malgré leurs différences, leurs mensonges, on sent beaucoup d’amour et de complicité entre ces deux êtres qui ne s’inquiètent que pour l’autre. Ensemble, ils tentent de survivre aux difficultés de la vie, au chômage qui menace la mère, à la révolte du fils.
Les deux comédiens sont justes, touchants sans en rajouter. Mais ils ne sont pas seuls : leurs souvenirs d’un passé familial heureux les accompagnent sur le plateau grâce à la vidéo. Très simple, sa présence est loin de « polluer » le spectacle. Elle nous offre plutôt un havre de paix où l’on voit la mère, le père et le fils quand il était bébé ou petit garçon, quand tout était encore espoir. Projeté sur le décor, les images s’insèrent dans l’appartement comme des fantômes du passé. Un très beau travail.

Bref, un très beau spectacle, proche de nous. Mais que l’on peut aller voir sans craindre d’être confronté à la tristesse et à la grisaille. Car malgré tout « reste heureusement, aujourd’hui comme avant, l’amour ». (Laurent Hatat et Laurent Caillon)

Vidéo et revue de presse sur le site du Théâtre de la Commune + un tarif intéressant pour les internautes !!

Posté par eMaGinAiR à 18:14 - le baz'art - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2007

La vie des autres - Cinéma

Une belle mais sordide histoire sur fond de réalité historique. A voir ! 
Très loin du documentaire, le film nous montre l'Histoire d'une période noire de l'Allemagne (que l'on connait peu en France selon moi) à travers l'histoire d'un poète et de son ange-gardien, un capitaine de la Stasi chargé de le surveiller.

Pour vous situer l’action, voilà le pitch : 1984 en RDA. Le ministère de Sécurité de l’Etat, la Stasi, règne en maître sur la population. Sa devise : « Tout savoir ». Ses employés font régner un climat de crainte, de méfiance, de délation. Gerd Wiesler est un employé modèle du ministère, fervent disciple de la doctrine communiste. Il maîtrise les techniques d’écoute, de surveillance et d’interrogatoire et n’hésite pas à les mettre en œuvre pour le bien du Parti. Après avoir émis quelques réserves sur la loyauté d’un auteur de théâtre, on lui confie sa surveillance. Il met alors en place toute une batterie de micros et de caméras pour ne rien rater de la vie de Georg Dreyman et de sa compagne, une brillante comédienne, afin de découvrir si réellement cet intellectuel est trop orgueilleux pour être honnête. Commence alors une surveillance implacable qui va mener le capitaine de la Stasi bien plus loin qu’il ne l’imaginait.


Au fur et à mesure de sa surveillance, Gerd Wiesler va prendre de plus en plus d’intérêt à écouter la vie de ce couple, intérêt qui dépasse de beaucoup sa mission. Tout en douceur, il va aller de désillusions en découvertes. D’abord comprendre que les dirigeants du Parti sont finalement plus intéressés par le pouvoir et leur propre intérêt que par celui du pays. Puis viendra sa rencontre avec l’Art. Le moment où le capitaine de la Stasi entend le poète jouer un air de piano, la «Sonate de l’homme bon» est particulièrement déterminant. La pureté de la musique semble provoquer en lui des émotions nouvelles. La découverte d’une pensée libérée de toutes servitudes, de toutes doctrines, et créatrice semble prendre le pas sur ses anciens idéaux. Ainsi, il perd progressivement ses repères et ses croyances jusqu’à finalement se perdre lui-même pour sauver un homme qui ignore son existence mais qui a réveillé sa conscience.

Ulrich Mühe qui joue le capitaine de la Stasi est particulièrement brillant dans son interprétation. Il est froid, appliqué à l’extrême, robotisé. Même à la fin du film, quand il a totalement basculé, il reste très distant et méthodique comme si la part d’humanité qu’il avait retrouvée ne pouvait se montrer au grand jour. On ne sait jamais vraiment ce qu’il pense car finalement lui-même l’ignore. Pour lui, c’est une descente dans l’inconnu.
A la fin, je me demandais à quel moment tout avait basculé, mais en fait il n’y a pas de moment précis. Il vit cette surveillance au jour le jour, toujours en proie au doute, avec l’incessante envie de « donner » le poète. Je me dis que finalement c’est ça la vie : on ne devient pas du jour au lendemain bon ou mauvais, de même qu’on n’arrête pas un seul jour de changer. En fait on évolue doucement sans s’en rendre compte, parfois même malgré soi.
C’est en cela que, selon moi, la réalisation est extrêmement juste. Dans le film, tout est mêlé : les bons sentiments côtoient la cruauté et la trahison car personne n’est à l’abri de sa propre faiblesse. Florian Henckel Von Donnersmarck, le réalisateur, réussit à transmettre cette situation dramatique inspirée de la réalité sans basculer dans les bons sentiments ou le tragique. Il réussit à faire d’un homme solitaire et froid un petit héros mais sans l’absoudre de tout. Wiesler est en effet un héros qu’on ne peut pas glorifier. Un héros qui ne prévoit jamais de faire le bien et qui une fois qu’il a commis son sauvetage rentre chez lui sans se montrer. Un héros que l’on a du mal à pardonner pour son passé même s’il a souffert lui aussi. En cela le film reflète justement les difficultés des temps de guerre et de dictature, où il est si compliqué de séparer le bien du mal.

L’histoire est d’autant plus poignante quand on sait qu’elle s’appuit énormément sur le contexte historique. Le réalisateur s’est en effet inspiré d’anecdotes, de souvenirs, d’objets de l’époque. De nombreux membres de l’équipe, notamment les comédiens, ont eux-mêmes été victimes de surveillance et d’emprisonnement avant la chute du mur de Berlin. Aux dires du réalisateur, le film aurait été comme une thérapie pour beaucoup d’entre eux. Je vous encourage à lire son interview sur le site officiel du film, c’est assez éloquent. Et ça fait froid dans le dos.

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19 mars 2007

petite citation de la semaine

Il y a des professions mal vues : huissier, contrôleur des impôts… On n’aime pas trop les rencontrer ni avoir de problèmes avec ces gens, n’est ce pas ? Cela dit, je le reconnais, il en faut et ils ont un certain mérite. Cependant, ma rubrique du lundi va me permettre de me défouler contre une de ces professions qui maltraitent ses clients : les banquiers !

Mark Twain a dit

Le banquier est quelqu’un qui vous prête son parapluie lorsque le soleil brille
et vous le retire aussitôt qu’il pleut

Ah ! Comme cette sentence me touche au cœur ! Je n’ai peut-être pas eu la chance de rencontrer des banquiers très humains ou alors (je penche plutôt pour cette solution) mon compte n’est pas assez rempli pour les assouplir, mais ceux que je fréquente se font un malin et cupide plaisir à exercer leurs talents pour me soutirer toujours un peu plus d’argent sous des prétextes futiles, voire débiles et faux, dans l’espoir que je ne m’en rende pas compte. Ils peuvent être idiots, incompétents, méprisants, oublieux mais toujours, toujours ils arrivent à s’appuyer sur leurs règles et leurs droits pour enfoncer un peu plus mes comptes dans le rouge.
Messieurs, Mesdames les Banquiers : est-il vraiment nécessaire de débiter 9€ par opération à découvert alors que j’ai un découvert autorisé ? Est-il vraiment nécessaire de ponctionner mon compte de 4.50€ pour détruire le chéquier que je ne suis pas venue chercher à l’agence alors que j’ai demandé 3 fois à me le faire envoyer chez moi ?

Aux bons banquiers ou à ceux qui pensent l'être : désolée pour ce billet d'humeur assassin...

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14 mars 2007

un blog peut en cacher un autre - blog bd : Trentenaire, marié, deux enfants

Y’a quand même des gens doués ! Déjà ils dessinent super bien, alors que moi même un arbre j’y arrive pas. Secundo ils ont une tonne d’humour et savent rendre le meilleur d’une situation en quelques cases et quelques mots. Tertio ils ont toujours un truc d’enfer à raconter, une imagination monstre et un succès fou (des centaines de commentaires !). C’est clair je suis jalouse de tout ce talent !

Allez voir et on verra si vous aussi vous ne l’êtes pas un peu !
Trentenaire, marié, deux enfants

Alors, convaincus ?

C'est le premier blog bd que j’ai découvert. Il est pile-poil dans mes goûts pour le dessin et les sujets (faut dire que j’approche de la trentaine, donc je m’instruis…). Y’a de l’humour, de bons dessins et de la vraie vie. Ca me plaît !
Visiblement la lignée des blog bd est prolifique et, vous le découvrirez si vous cherchez un peu, il en existe une quantité incroyable. Amateurs ou professionnels, énormément de gens s’expriment par le dessin sur leur blog et pour certains il faut espérer que cela les mènera à une brillante carrière.

J’en ai découvert plein d’autres, beaux, inventifs, sexy, drôles, touchants… Mais c’est une histoire de goûts alors n’hésitez pas à plonger dans la toile pour trouver vos favoris ! Vous pouvez déjà en découvrir d’autres avec les liens que Double P, l’auteur de Trentenaire…, a mis sur son blog. Et évidemment je ne me gênerai pas non plus pour vous en faire découvrir d’autres. Ah ça non alors !

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12 mars 2007

petite citation de la semaine

Comme des copeaux ou des oiseaux sur la mer, les acteurs sont posés sur le temps
comme si le temps n'était qu'un fil et qu'il suffise, pour être rythmiquement justes,
juste de se poser sur le temps déjà là.
Immobile et en déséquilibre, le temps était là que personne n'avait vu

Valère Novarina - Lumières du corps


Bel hommage aux acteurs. A leur légéreté mais aussi à leur persévérance. Eux qui voltigent sur les mots et le temps. Peut-être sont-ils les seuls à observer le temps, à essayer de se poser sur lui et d'y trouver un équilibre. Equilibre précaire, à renouveller sans cesse. Un équilibre posé SUR le temps et EN DEHORS du temps (réel), du temps qui s'écoule derrière les portes des théâtres. Les spectateurs eux sont suspendus : ils ont pénétré dans un autre monde, un autre temps, observent et participent par leur présence même à cette marche sur le fil du temps.

... ... ... L'acteur est un sculpteur de neige dit Pierre Fresnay ... ... ...


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09 mars 2007

Faites de votre salon, un musée…

Voilà longtemps que j’y pensais mais ça y est c’est fait ! J’ai transformé mon salon en musée, je contemple à loisir des œuvres d’art originales dans mon canapé !
Mais comment, me direz-vous !? Tout simplement en me rendant dans une artothèque ! Une arto…, quoi ?! Une artothèque comme une bibliothèque, c’est-à-dire un endroit où l’on peut emprunter des œuvres d’art comme on emprunte des livres en bibliothèque. Selon les artothèques, le fond peut être composé de tableaux, esquisses, photographies, objets… Ne vous attendez pas en tout cas à trouver des œuvres antérieures aux années 50 car les artothèques se consacrent à l’art contemporain uniquement. Pas d’impressionnistes en rayon, désolée ! Les œuvres sont représentatives des différents mouvements artistiques qui ont marqués ces 50 dernières années.

La première expérience est assez magique, je dois le dire. Je n’avais jamais eu de vrais tableaux ou de photographies grand format encadrées. Quelque part, je prends encore un coup de vieux ! On est loin des posters de films dans les toilettes !
Au début, quand je les ai vu (j’ai 2 photographies pour deux mois) sur mon petit mur (orange !!! je loue, pas le choix !), au milieu de tous mes meubles récupérés au gré de ma vie étudiante (ça va du vieux buffet 1930 en bois à un meuble TV à roulettes, vous imaginez…) et qui se bousculent un peu dans mon salon, je me suis dit que c’était peut-être pas une bonne idée, que j’aurais dû attendre d’avoir un logement plus grand avant de prendre un abonnement d’un an… Mais non, une fois que c’est accroché, qu’on a trouvé l’endroit qui convient, les œuvres prennent tout doucement leurs droits sur l’espace et se l’approprient. Au même titre d’ailleurs que nous, spectateurs, nous nous les approprions.
Ah, ça va être dur de les rendre dans 2 mois ! Et en même temps, quelle chance de pouvoir disposer d’une œuvre pendant 60 jours ! Car bon, au-delà de se dire « Waou ! J’ai des œuvres d’artistes contemporains dans mon salon… Ca en jette !!! », le plaisir est surtout dans cette proximité avec l’art. C’est l’art non-stop, l’art à disposition, l’art en format original. C’est la liberté de prendre son temps, plus que dans un musée où on n’a pas le temps justement de se poser, de contempler. Avec les formules d’abonnement que proposent les artothèques, on change régulièrement d’œuvres et on peut découvrir différents artistes avec cette même intimité. C’est vrai, ça a un côté frustrant, mais quel plaisir de pouvoir rêver tous les 2 mois devant des œuvres différentes !

D’ailleurs les artothèques ont été créées pour cela, « restituer dans le quotidien de chacun, le temps du regard et de la contemplation, indispensables à l’existence de l’art » (artothèque de Caen). Le principe a été créé en Allemagne et est arrivé en France dans les années 60. Il existe maintenant une petite cinquantaine de ces lieux dans le pays. Si l’expérience vous tente, allez sur le site du Centre National des Arts Plastiques pour savoir si votre ville en a un (tapez artothèque dans les mots clés, sous la bannière, et vous aurez la liste complète).
Pour vous donner une idée des prix, celle de Caen que je fréquente fait des abonnements pour particuliers à 58€ pour un an, ce qui vous donne le droit à 12 œuvres, 2 tous les 2 mois. Sinon vous pouvez emprunter ponctuellement, pour un coût de 8,50€ par œuvre pour 2 mois. Il existe également des abonnements pour les collectivités ou les scolaires.

Encore une petite précision : mieux vaut prévoir des cimaises pour accrocher vos emprunts, cela vous évitera de faire 36 trous dans vos murs ! Et puis ça donnera encore davantage un air de musée à votre intérieur !

Posté par eMaGinAiR à 20:20 - le baz'art - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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